Les batailles du roi Arthur
Par Caleb Howells
Un élément fondamental de la légende arthurienne est que le roi Arthur fut un chef de guerre qui mena de nombreuses batailles contre les ennemis des Bretons. Il aurait combattu des Saxons, des Irlandais, des Pictes et même les Romains. En réalité, les légendes décrivent également des batailles contre d’autres rois et chefs bretons. Aussi nombreuses soient-elles, le présent article s’attachera à présenter une vue d’ensemble exhaustive des batailles les plus importantes livrées par Arthur dans les légendes arthuriennes.

La bataille contre le roi Pellinore
Dans le cycle post-Vulgate du XIIIe siècle et dans le Le Morte d’Arthur de Thomas Malory, datant du XVe siècle, le roi Pellinore est un personnage important. Tout au début du règne d’Arthur, celui-ci affronta en joute le roi Pellinore pour le droit de pourchasser la Bête Gloutonne. Pellinore vainquit Arthur et brisa l’épée que celui-ci avait tirée de la pierre. Il aurait tué Arthur, si Merlin n’avait jeté un sort à Pellinore pour l’en empêcher.
C’est cette bataille qui pousse Arthur à chercher une nouvelle épée, ce qui le conduit à recevoir la célèbre Excalibur des mains de la Dame du Lac.
La lutte contre les rois rebelles
Les plus anciens témoignages concernant Arthur n’en font aucune mention, mais à partir du XIIIe siècle s’établit une tradition selon laquelle de nombreux rois bretons se révoltèrent contre Arthur au début de son règne. Cela apparaît, par exemple, dans le cycle de la Vulgate ainsi que dans Le Morte d’Arthur.
Cette tradition raconte comment Lot, roi du Lothian dans le sud de l’Écosse, mena une rébellion contre Arthur. Ses deux frères, Urien et Augusel, le rejoignirent, ainsi que plusieurs autres rois, pour un total de six rois rebelles. Ils ne voulaient pas se soumettre au règne d’Arthur, vraisemblablement parce qu’il était fort jeune.
La bataille de Carlion
Lot et les cinq autres rois se rendirent à la cour d’Arthur à Carlion (c’est-à-dire Caerleon, dans le sud-est du pays de Galles). Ils y manifestèrent leur intention rebelle, puis assiégèrent Arthur après que celui-ci se fut réfugié dans une tour. Après quelques encouragements de Merlin, Arthur mena une troupe d’assaut contre les rois rebelles.
Avec l’aide également du peuple, les rois rebelles furent vaincus. Ils s’enfuirent, mais la guerre n’était pas encore terminée.
La bataille de Bedegraine
Lot et ses cinq compagnons obtinrent le soutien de cinq rois supplémentaires, portant le total à onze chefs rebelles. Ils combattirent Arthur et l’assiégèrent au château de Bedegraine. Arthur comptait de nombreux alliés à ses côtés, dont le roi Ban de Benoïc (le père de Lancelot) et le roi Bohort de Gaule.
La bataille qui s’ensuivit fut gigantesque, impliquant des dizaines de milliers de soldats de part et d’autre. D’innombrables hommes périrent dans le conflit. Les rois eux-mêmes, toutefois, traversèrent la bataille pour la plupart indemnes. Finalement, après la mort d’autant de soldats rebelles, la victoire penchant clairement du côté d’Arthur, Merlin interrompit la bataille. Il déclara que des Sarrasins (désignant vraisemblablement des Saxons) avaient envahi les terres des onze rois rebelles.
Voyant qu’ils n’avaient aucun espoir de victoire et que continuer ne ferait qu’amoindrir davantage leur propre souveraineté, les rois rebelles se soumirent à Arthur. Certains d’entre eux devinrent ensuite ses fidèles chevaliers, comme Lot et Urien.
La bataille contre le roi Rience
Un autre roi se révolta contre Arthur à peu près à cette époque, bien qu’il ne prît pas part à la rébellion menée par le roi Lot. Après que ces onze rois eurent été soumis, un roi nommé Rience, du nord du pays de Galles, manifesta son hostilité envers Arthur. Il avait fait coudre sur sa robe les barbes de onze rois qu’il avait précédemment vaincus, et il voulait maintenant celle d’Arthur pour compléter sa collection.
Cette même histoire, dans sa trame fondamentale, apparaît plus tôt, dans l’Historia Regum Britanniae du XIIe siècle. Là, Geoffroy de Monmouth nomme Rience « Ritho », forme indubitablement plus exacte. Geoffroy décrit explicitement Ritho comme un géant.
Dans la plupart des versions du récit, Arthur vainc Rience, ou Ritho, en combat singulier dans le nord du pays de Galles.

La bataille contre le Chevalier Rouge d’Estremores
Dans la Suite de Merlin du cycle de la Vulgate, rédigée au XIIIe siècle, Arthur affronta un ennemi connu sous le nom de Chevalier Rouge d’Estremores. Son nom personnel était Roalais. Le récit ne s’attarde pas sur les raisons de leur inimitié, mais quoi qu’il en soit, Arthur engagea le combat contre lui.
Plares, le neveu de Roalais, périt dans les combats, puis Roalais lui-même fut vaincu en combat singulier par Gauvain. Sa vie fut toutefois épargnée. En effet, après sa défaite, Arthur l’invita à rejoindre les chevaliers de la Table Ronde. Roalais accepta, puis se joignit à Arthur dans ses batailles contre les Saxons.
Les douze batailles contre les Saxons selon l’Historia Brittonum de Nennius
L’Historia Brittonum est la plus ancienne source relative aux batailles d’Arthur. Elle date d’environ 830 et est traditionnellement attribuée à un moine nommé Nennius, bien que cette paternité ne soit plus largement acceptée de nos jours. C’est la première source certaine mentionnant Arthur, et elle le présente comme le chef d’une coalition de rois et de commandants bretons dans leur guerre contre les Anglo-Saxons.
Cette source fournit une liste de douze batailles à l’issue desquelles Arthur fut le chef de cette alliance. Dans les douze cas, il en serait sorti vainqueur. Ainsi, la toute première source de l’ensemble de la littérature arthurienne présente d’abord et avant tout Arthur comme un chef de guerre victorieux.
Il n’existe aucun consensus sur l’historicité de cette liste de batailles. De nombreux savants, dont John T Koch, Norris J Lacy et Hector & Nora Chadwick, estiment qu’elle fut directement reprise d’un poème puis transformée en récit en prose. Il existe de nombreux exemples de poèmes composés par des bardes pour célébrer les exploits de leurs rois mécènes, dont certains remontent au VIIe siècle, voire au VIe siècle. Cette théorie est donc tout à fait plausible.
D’autres savants, en revanche, considèrent cette liste comme fictive. Ils pensent qu’elle fut constituée en rassemblant des batailles mentionnées dans diverses autres sources et en les attribuant à un seul chef. Nicholas Higham est l’un des principaux tenants de cette théorie aujourd’hui.
La bataille sur la rivière Glein
La première des batailles d’Arthur énumérées dans l’Historia Brittonum est décrite comme s’étant déroulée « à l’embouchure de la rivière appelée Glein ». Il n’existe aucune unanimité quant à l’emplacement de cette rivière Glein. Il existe actuellement en Grande-Bretagne deux rivières nommées River Glen, l’une dans le Lincolnshire et l’autre dans le Northumberland.
C’est pourquoi les chercheurs identifient généralement l’une de ces deux rivières comme le site de cette bataille. Il existe toutefois une autre rivière en Grande-Bretagne qui a parfois été proposée : la Glen Water, dans le sud de l’Écosse.
Le problème d’un site aussi au nord que l’Écosse est que l’Historia Brittonum situe les batailles d’Arthur dans la première moitié du VIe siècle. Or, les Anglo-Saxons avaient à peine dépassé York vers le nord au milieu de ce siècle. Il est donc improbable qu’ils aient livré des batailles contre Arthur aussi loin au nord, en Écosse. Pour cette raison, la River Glen du Lincolnshire est la plus convaincante des trois propositions.
Les batailles sur la rivière Dubglas
Le lieu suivant de la liste de l’Historia Brittonum aurait été le théâtre de plusieurs batailles. Le texte affirme en effet que les deuxième, troisième, quatrième et cinquième batailles s’y déroulèrent. Le récit précise qu’elles furent livrées « sur une autre rivière appelée Dubglas, située dans la région de Linnuis ».
Là encore, l’emplacement réel de ce lieu fait débat. La plupart des savants s’accordent à dire que « Linnuis » dérive directement du latin « Lindenses », désignant la région autour de l’établissement romain de Lindum. Cet établissement correspond aujourd’hui à Lincoln, ce qui signifie que « Linnuis » désignerait le Lindsey, un royaume du haut Moyen Âge dans le Lincolnshire, centré sur Lincoln.
Bien que cela soit linguistiquement solide, aucune rivière de cette région n’est connue pour avoir porté le nom de « Dubglas » (ou son équivalent moderne, « Douglas »). Ce mot signifie toutefois simplement « eau noire », et la région compte quantité de rivières boueuses, dont n’importe laquelle aurait pu être appelée rivière Dubglas.
D’autres chercheurs préfèrent néanmoins identifier la rivière Dubglas à la River Douglas, dans la région du Lennox, en Écosse. D’autres encore la situent dans le sud de l’Angleterre, l’identifiant à des rivières dont le nom comporte le mot « Devil’s », celui-ci pouvant également dériver de « Dubglas ».
La bataille sur la rivière Bassas
De tous les sites mentionnés dans cette liste de douze batailles, la rivière Bassas est le plus difficile à identifier. Au cours du siècle écoulé environ, des savants et des chercheurs indépendants l’ont identifiée à toutes sortes d’emplacements différents à travers la Grande-Bretagne.
Contrairement à la plupart des autres lieux, il n’existe aujourd’hui en Grande-Bretagne aucun lieu dont le nom corresponde exactement à « Bassas ». Certains toponymes s’en approchent toutefois raisonnablement. Par exemple, Bass Rock, au large des côtes de l’East Lothian, en Écosse, a été rattaché à Bassas. Ce rapprochement est toutefois improbable, car Bass Rock est une formation rocheuse en mer ; ce n’est pas une rivière.
Parmi les emplacements plus plausibles figurent Cambuslang, dans la grande région de Glasgow (bien que cela soit peu probable pour des raisons linguistiques), et Old Basing, dans le Hampshire. Le lieu le plus probable est peut-être Baschurch, dans le Shropshire, connu dans les textes gallois médiévaux sous le nom d’« Eglwyssau Bassa », c’est-à-dire « les églises de Bassa ».
Cela dit, aucun de ces emplacements n’est une rivière, et le débat sur ce lieu reste vif. Certains chercheurs en sont réduits à invoquer une corruption du nom tel qu’il figure dans l’Historia Brittonum.
La bataille dans la forêt calédonienne
En total contraste avec le site précédent, l’emplacement de cette bataille suivante fait l’objet d’une quasi-unanimité. L’Historia Brittonum indique que cette septième bataille eut lieu « dans le bois de Celidon, que les Bretons appellent Cat Coit Celidon ».
L’expression « Cat Coit Celidon » signifie simplement « la bataille du bois de Celidon » en vieux gallois. Il est évident que le bois de Celidon correspond au lieu appelé forêt calédonienne dans les sources romaines relatives à la Grande-Bretagne. Ces sources la situent en Écosse. Elles n’en donnent pas d’emplacement précis, et il est difficile de savoir jusqu’où elle s’étendait vers le sud.
Quoi qu’il en soit, Arthur aurait livré une bataille quelque part dans cette grande forêt d’Écosse. Comment Arthur aurait-il pu combattre les Saxons en Écosse si ceux-ci n’étaient pas actifs aussi loin au nord dans la première moitié du VIe siècle ? Une hypothèse est qu’ils s’enfuirent plus au nord après avoir été battus par Arthur lors des batailles précédentes.
Selon l’Historia Regum Britanniae, rédigée vers 1137 par Geoffroy de Monmouth, c’est lors de cette bataille qu’Arthur força l’armée saxonne à quitter la Grande-Bretagne entièrement et à rentrer en Germanie. Toutefois, rien ne l’indique dans le récit de l’Historia Brittonum, si bien que l’authenticité de cette tradition est douteuse.
La bataille du fort de Guinnion
La huitième bataille d’Arthur contre les Saxons eut lieu sur le site d’un fort appelé Guinnion. Comme pour la plupart des autres sites de batailles, l’emplacement du fort de Guinnion fait l’objet d’un vif débat. Étant donné que certaines des autres batailles se sont vraisemblablement déroulées dans le nord de l’Angleterre ou le sud de l’Écosse, certains chercheurs situent Guinnion dans cette même région.
Certains ont ainsi soutenu qu’Arthur livra cette bataille à Stow of Wedale, dans le sud de l’Écosse. Un manuscrit de l’Historia Brittonum l’affirme explicitement, mais cela ne figure pas dans le texte original, et la tradition est donc discutable. Des sources modernes prétendent qu’il existait un fort romain dans la région, que quelques chercheurs ont identifié comme le fort de Guinnion.
D’autres chercheurs ont identifié le fort de Guinnion à Caerwent, dans le sud-est du pays de Galles, en raison de la ressemblance perçue entre « went » et « guin », ainsi que du fait que « Caer » signifie « fort ». Sur les mêmes principes, d’autres encore l’ont identifié à Winchester (notons que « chester » signifie également « fort »).
Une proposition plus vraisemblable est Vinovium, à Binchester, juste au sud du Northumberland. Le « v » latin est devenu « gu » ou « gw » en gallois.
De toutes les douze, c’est la bataille qui reçoit le plus de détails dans l’Historia Brittonum. Le texte précise qu’« Arthur portait sur ses épaules l’image de la Sainte Vierge, mère de Dieu, et, par la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ et de la sainte Marie, il mit les Saxons en fuite et les poursuivit toute la journée avec un grand carnage ».
Il est largement admis que le mot ici traduit par « épaules » est une erreur pour « bouclier », les deux mots étant quasi identiques en vieux gallois (« scuid » pour « épaule » et « scuit » pour « bouclier »). Ce n’est toutefois pas nécessairement le cas.
La bataille de la cité de la Légion
La bataille suivante livrée par Arthur est présentée comme s’étant déroulée à la cité de la Légion. Il est presque universellement admis qu’elle eut lieu soit à Caerleon, dans le sud-est du pays de Galles, soit à Chester, près de la frontière nord-est du pays de Galles.
Fait intéressant, c’est l’une des batailles que certains savants estiment avoir été reprise d’autres sources et attribuée à tort à Arthur. La raison en est qu’une bataille célèbre et importante fut livrée à Chester à une période légèrement postérieure de l’histoire galloise. Elle eut lieu au premier quart du VIIe siècle, vers 615.
Il s’agissait d’une célèbre défaite des Gallois face aux Anglo-Saxons, si bien que l’idée de l’attribuer à Arthur comme l’une de ses victoires n’a rien d’évident en soi. Cette affirmation n’en demeure pas moins souvent répétée.
La bataille sur la rive de la rivière Tribruit
Cette onzième bataille marque un retour aux combats à proximité de rivières, comme pour les premières batailles de la liste. Cette rivière s’appelait Tribruit. Fait intéressant, c’est l’une des seules batailles de cette liste de douze qui figure également dans les textes gallois.
Dans un poème connu sous le nom de Pa Gur, datant du IXe siècle, l’un des hommes d’Arthur aurait combattu en un lieu appelé Tryfrwyd. Il s’agit simplement de la forme galloise du toponyme Tribruit. Il n’existe aucune unanimité quant à l’emplacement de Tribruit, mais ce poème mentionne aussi l’un des hommes d’Arthur combattant à Mynydd Eidyn, c’est-à-dire Édimbourg, en Écosse. Sur cette base, il semble probable que Tryfrwyd, ou Tribruit, se situait dans la même région générale.
Certains savants l’identifient à la River Ribble, sans autre fondement évident qu’une très vague ressemblance entre les noms. Plus convaincante est son identification à un lieu situé le long des rives de la rivière Forth.
Une proposition alternative la situe toutefois dans le sud du pays, à Treyford, près de Chichester.
La bataille du mont Agned
Cette onzième bataille d’Arthur contre les Saxons ne se déroula ni près d’une rivière ni près d’un fort, mais sur une montagne. Comme beaucoup d’autres, son nom suscite une vive controverse, certains chercheurs concluant qu’il doit s’agir d’une corruption de la forme originale. Comme pour « Bassas », aucun site de Grande-Bretagne ne correspond exactement au nom « Agned ».
L’Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth identifie toutefois le mont Agned à Édimbourg. Cela est plausible, dans la mesure où cela s’accorderait bien avec la référence à la bataille de Mynydd Eidyn dans le poème arthurien Pa Gur.
Les choses ne sont toutefois pas si simples. Certains manuscrits de l’Historia Brittonum, dont un particulièrement ancien, datant du Xe siècle, donnent à ce site de bataille un nom différent : « Breguoin » (et des variantes similaires). De nombreux savants estiment qu’il s’agit de Bremenium, un fort romain du Northumberland.
Dans un poème gallois consacré aux exploits d’Urien Rheged, roi historique du milieu et de la fin du VIe siècle, il est fait mention d’une bataille qu’il livra à « Brewyn ». Ce nom est généralement considéré comme une évolution du toponyme « Bremenium ». Pour cette raison, certains savants prétendent que cette bataille d’Arthur fut en réalité tirée de cette liste de batailles concernant Urien.
La bataille du mont Badon
La dernière bataille d’Arthur contre les Anglo-Saxons eut lieu en un lieu appelé mont Badon. C’est incontestablement la plus célèbre des batailles d’Arthur, et c’est également la seule dont nous savons avec certitude qu’elle fut historique. Elle est mentionnée dans le De Excidio, texte rédigé par l’auteur du VIe siècle Gildas. Il expliqua qu’elle survint l’année de sa naissance : il s’agit donc d’une source quasi contemporaine.
Selon Gildas, il s’agissait d’un siège, et non d’une simple bataille rangée. Comme lui-même et les sources postérieures désignent Badon comme une montagne, nous pouvons conclure qu’il s’agissait du siège d’une colline fortifiée d’une sorte ou d’une autre. De toutes les batailles d’Arthur, c’est celle que les chercheurs ont été les plus désireux de localiser.
L’HRB de Geoffroy comme la tradition galloise suggèrent que cette bataille fut peut-être quelque peu distincte des précédentes, de sorte que l’emplacement des autres n’indique pas nécessairement celui de celle-ci. Il est généralement convenu qu’elle eut lieu quelque part dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne. Les candidates les plus populaires sont Badbury Rings dans le Dorset, Solsbury Hill près de Bath, Liddington Castle dans le Wiltshire et Mynydd Baedan dans le Glamorgan.
Cette bataille fut une victoire si décisive qu’elle contint les Anglo-Saxons pendant au moins les quarante-trois années suivantes, au moment où Gildas rédigea son De Excidio.
De nombreux savants estiment que cette bataille fut à l’origine livrée par un chef militaire nommé Ambrosius Aurelianus, puis attribuée à tort à Arthur, mais cette théorie est contestée.

Les batailles autour des îles Britanniques
L’Historia Brittonum ne consigne aucun exploit d’Arthur postérieur à la bataille du mont Badon. L’HRB de Geoffroy, datant du XIIe siècle, détaille en revanche longuement cette période, expliquant qu’Arthur entreprit ensuite de faire la guerre aux habitants autochtones d’autres régions des îles Britanniques, les Pictes et les Scots (les « Scots » de cette époque étant les Irlandais).
Bien que l’historicité de ces événements soit douteuse en raison de la tardiveté de la source, l’idée qu’Arthur combattit les Pictes est étayée par des sources antérieures. Elle est, par exemple, fortement suggérée par le poème du IXe siècle Pa Gur, mentionné plus haut.
La bataille en Écosse
Après avoir définitivement vaincu les Saxons, Arthur porta son attention sur les Pictes et les Scots du nord de la Grande-Bretagne (les Scots, bien qu’originaires d’Irlande, avaient établi un royaume sur une partie de l’Écosse vers 500). Il les chassa de la région d’Alt Clut, près de la rivière Clyde, et les poursuivit jusqu’à un lieu que Geoffroy appelle Mureif, qui semble correspondre au Moray, au nord-est du pays. Il existe toutefois des raisons de penser qu’il s’agit d’une erreur pour un lieu quelque peu plus méridional.
Arthur continua de poursuivre les Pictes et les Scots, les repoussant jusqu’au Loch Lomond, à nouveau près de la rivière Clyde. Ce grand loch, ou lac, compte de nombreuses îles. Les Pictes et les Scots y cherchèrent refuge, mais Arthur constitua une flotte et poursuivit l’attaque, en massacrant des milliers d’entre eux.
Pendant cette bataille, le roi Guillamurius d’Irlande vint avec une armée attaquer Arthur. Le roi breton repoussa cette attaque et renvoya Guillamurius en Irlande. Cela laissa aux Pictes et aux Scots le temps de décider d’un plan d’action. Ils réunirent tous les évêques du pays et les envoyèrent demander merci à Arthur, qu’il leur accorda.
La bataille en Irlande
Après cela, Arthur partit attaquer l’Irlande. Il affronta pour la seconde fois le roi Guillamurius, cette fois dans le pays natal de ce roi irlandais. Mais malgré l’immense armée de Guillamurius, la plupart des soldats fuirent Arthur de peur. Le roi irlandais fut alors fait prisonnier et forcé de se soumettre à Arthur, comme le firent de nombreux autres princes du pays. Arthur, satisfait, retourna en Grande-Bretagne.
Les batailles en Europe
L’HRB explique ensuite qu’Arthur navigua alors avec une flotte vers l’Islande et soumit le pays. Il se rendit ensuite en Norvège pour aider son parent Lot à y obtenir le trône. Il partit avec une grande flotte, bien que les Norvégiens, préparés à son arrivée, eussent fortifié leurs villes.
Une bataille gigantesque s’ensuivit, fort meurtrière des deux côtés. Finalement, les Bretons parvinrent à tuer le roi de Norvège, Riculf, et ils soumirent le pays — ainsi que le Danemark voisin — à la domination d’Arthur.

Les batailles contre les Romains
La campagne suivante d’Arthur le conduisit à un conflit direct avec les Romains. Bien qu’absente des sources antérieures, elle constitue l’essentiel de la matière arthurienne de l’Historia Regum Britanniae.
La bataille contre Frollo
Arthur attaqua la Gaule, alors sous la domination d’un Romain nommé Frollo. Lorsque les deux armées se rencontrèrent, la plus grande partie de l’armée de Frollo l’abandonna pour changer de camp. Arthur poursuivit alors Frollo jusqu’à Paris.
Après un long siège, Arthur vainquit Frollo en combat singulier dans la ville. Il entreprit ensuite une campagne pour soumettre toutes les villes de Gaule au cours de neuf années. Enfin satisfait de ses conquêtes, il retourna en Grande-Bretagne.
La bataille de Siesia
Quatre ans plus tard, les Romains exigèrent un tribut d’Arthur, ce qui le mit en colère. Il leva une armée immense et partit attaquer Rome elle-même. Les Romains, de leur côté, levèrent également une grande armée, s’alliant à de nombreuses nations non romaines.
L’année suivante, les deux armées s’affrontèrent en une bataille gigantesque en un lieu appelé Siesia. Cette bataille fut si considérable qu’elle peut véritablement être considérée comme l’apogée des batailles d’Arthur dans l’Historia Regum Britanniae, bien qu’elle n’ait pas été sa dernière.
Elle est décrite comme une bataille incroyablement sanglante des deux côtés. Arthur perdit des hommes innombrables, dont divers commandants et rois alliés. Pourtant, les Bretons finirent par l’emporter et vainquirent les Romains.
La dernière campagne
Peu après sa victoire sur les Romains, Arthur apprit qu’une insurrection avait éclaté en Grande-Bretagne. Son neveu Mordred s’était emparé du trône. Arthur se hâta de retourner en Grande-Bretagne pour faire face à cette usurpation.
La bataille de Llongborth
Le premier affrontement entre les forces d’Arthur et celles de Mordred eut lieu dès le débarquement d’Arthur. L’HRB affirme qu’il débarqua au port de Rutupi, ce qui serait historiquement impossible, car celui-ci se trouvait au cœur du territoire saxon.
Fait intéressant, il existe un récit d’Arthur livrant bataille sur un rivage dans le poème gallois du Xe siècle Geraint ap Erbin. Geraint, allié d’Arthur, y est décrit comme mourant lors de cette bataille. Plusieurs détails issus d’autres sources corroborent l’idée que Geraint mourut vers la fin du règne d’Arthur, ce qui vient donc à l’appui de l’hypothèse qu’il s’agit de la même bataille que celle décrite ici dans l’HRB.
Le poème gallois situe cette bataille en un lieu appelé Llongborth. Les spéculations abondent sur l’emplacement de Llongborth, les propositions les plus courantes étant Portchester, sur la côte sud de l’Angleterre, ou Llanborth, sur la côte ouest du pays de Galles.
Quoi qu’il en soit, Arthur fut victorieux de ce premier combat contre Mordred, contraignant son neveu à fuir.
La bataille de Camlann
Arthur poursuivit Mordred jusqu’à Winchester, où il l’assiégea un temps, avant que les deux camps ne se livrassent bataille rangée. Le camp de Mordred s’en tira plus mal, aussi continua-t-il sa fuite. Ils finirent par parvenir en un lieu appelé Camlann.
Comme à Siesia, ce fut une bataille dramatique et sanglante qui entraîne de lourdes pertes des deux côtés. Nombre des hommes d’Arthur y périrent. Arthur lui-même fut grièvement blessé, ce qui le conduisit à abdiquer. Quant à Mordred, il fut tué au cours de cette bataille. La tradition postérieure prétend qu’Arthur et Mordred s’affrontèrent directement, chacun étant responsable du coup fatal porté à l’autre.
Bien que nous ne puissions confirmer que cette bataille eut réellement lieu, elle est mentionnée dans les Annales Cambriae du Xe siècle, ce qui apporte un soutien important à son historicité.
Les spéculations abondent sur l’emplacement réel de Camlann, mais la plupart des commentateurs le situent plus au nord que Badon. Une théorie moderne populaire veut qu’il se trouvât près du fort romain de Camboglanna. La tradition galloise semble toutefois pointer vers la région de l’Afon Gamlan, dans le nord-ouest du pays de Galles. Geoffroy de Monmouth, quant à lui, le situe sur la rivière Camel, en Cornouailles.
Conclusion
En résumé, nous pouvons constater que le roi Arthur est systématiquement présenté comme un puissant chef de guerre, du début à la toute fin de son règne. Il n’est presque jamais présenté comme perdant une bataille. Il était surtout célèbre comme vainqueur des Saxons, mais il combattit également les Pictes, les Scots, d’autres Bretons et, dit-on, même les Romains.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Combien de batailles Arthur a-t-il livrées ?
La source la plus précieuse historiquement concernant Arthur, l’Historia Brittonum, affirme qu’Arthur livra douze batailles contre les Saxons. Une source un peu postérieure mais toujours précieuse, les Annales Cambriae, ajoute la dernière bataille d’Arthur, Camlann. Toutefois, d’autres sources (telles que la poésie galloise) attestent de diverses batailles contre d’autres ennemis, de sorte qu’il est impossible de donner un chiffre précis.
Le roi Arthur a-t-il gagné toutes ses batailles ?
Selon la plupart des sources, Arthur remporta toutes ses batailles contre les Saxons. Une exception notable est l’Hanes Gruffydd ap Cynan du XIIIe siècle, qui prétend qu’Arthur perdit sa première bataille. En outre, la dernière bataille d’Arthur, Camlann, ne fut qu’une victoire à la Pyrrhus. Il vainquit son ennemi, mais à un coût si grand pour lui-même qu’il abdiqua et, selon certaines sources, fut mortellement blessé.
Contre qui Arthur a-t-il combattu ?
Les principaux ennemis d’Arthur étaient les Saxons, qui conquéraient alors une grande partie de la Grande-Bretagne durant les Ve et VIe siècles. Il combattit toutefois aussi les Pictes, du nord de la Grande-Bretagne, et les Scots, d’Irlande et également du nord de la Grande-Bretagne. La légende postérieure prétend qu’il mena aussi la guerre contre les Romains. Sa dernière bataille se serait livrée contre ses propres compatriotes, et la légende postérieure prétend également qu’il mena une guerre civile au début de son règne.
Où se situait le lieu de la dernière bataille d’Arthur ?
La dernière bataille du roi Arthur eut lieu en un lieu appelé Camlann. Nul ne sait avec certitude où se trouvait Camlann. L’Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth le situe sur la rivière Camel, en Cornouailles, mais cette identification n’est pas convaincante. La plupart des chercheurs le situent plus au nord. Une proposition populaire est Camboglanna, un fort romain proche du mur d’Hadrien. Certains savants soutiennent toutefois que « Camboglanna » n’aurait pas évolué en « Camlann » à l’époque où Camlann apparaît pour la première fois dans les sources. Une identification plus convaincante est l’Afon Gamlan, dans le nord-ouest du pays de Galles. La tradition galloise soutient cet emplacement.







