La Bataille de la rivière Bassas
Par Caleb Howells
La Bataille de la rivière Bassas est l’une des batailles les plus intrigantes des légendes arthuriennes. Elle fut l’une des fameuses douze batailles d’Arthur contre les Anglo-Saxons, mentionnées dans la plus ancienne source décrivant la carrière d’Arthur. À la différence de la plupart des autres batailles, on ne sait pratiquement rien d’elle. En particulier, l’emplacement de cette bataille a fait l’objet d’intenses spéculations, sans qu’aucun consensus, même approximatif, ne se soit dégagé. Dans cet article, nous examinerons ce que nous apprennent les informations disponibles, et nous comparerons les théories concurrentes concernant l’emplacement de cette bataille.

Qu’était la Bataille de la rivière Bassas ?
La Bataille de la rivière Bassas fut la sixième des douze batailles d’Arthur mentionnées dans l’Historia Brittonum. Elle est mentionnée dans un passage consacré aux campagnes d’Arthur contre les Anglo-Saxons, qui conquerraient une part de plus en plus grande de la Bretagne depuis environ 430. La Bataille de la rivière Bassas ne reçoit pas de date explicite, mais l’Historia Brittonum suggère qu’elle eut lieu à un moment de la première moitié du sixième siècle.
Bien qu’elle fût la sixième bataille, elle ne représentait que le troisième champ de bataille de la campagne saxonne d’Arthur. En effet, les deuxième, troisième, quatrième et cinquième batailles eurent toutes lieu sur le second champ de bataille.
Bassas est surtout célèbre pour être extrêmement difficile à localiser. Pour la plupart des autres champs de bataille, il existe un accord général sur quelques emplacements plausibles. Cependant, s’agissant de la rivière Bassas, celle-ci s’est révélée si insaisissable qu’aucun consensus ne s’est formé à son sujet.
Elle est également remarquable en ce qu’elle est peut-être la seule des douze batailles pour laquelle il n’existe aucune tradition en dehors de l’Historia Brittonum. Véritablement, c’est la plus insaisissable et la plus mystérieuse des douze batailles d’Arthur.
La Bataille de la rivière Bassas dans l’Historia Brittonum
La première mention (et apparemment la seule) de cette bataille se trouve dans l’Historia Brittonum, rédigée vers 830 et traditionnellement attribuée à un moine nommé Nennius. Le récit concernant la bataille se lit comme suit :
« C’est alors que le magnanime Arthur, avec tous les rois et les forces militaires de la Bretagne, combattit contre les Saxons. Et bien qu’il y en eût beaucoup de plus nobles que lui, il fut douze fois choisi pour commandant, et fut autant de fois vainqueur… La sixième, sur la rivière Bassas. »
C’est tout ce que l’Historia Brittonum a à dire sur cette bataille. Nous pouvons voir que divers rois et chefs militaires ont pris part à la bataille, au-delà du seul Arthur, bien qu’Arthur fût le chef de cette alliance. Nous voyons également que la bataille se déroula sur une rivière, et que le nom de cette rivière était « Bassas ».

La Bataille de la rivière Bassas dans les sources ultérieures
Outre le mystère entourant l’emplacement de cette bataille, elle est également singulière par son absence de tout document ultérieur. La bataille n’apparaît pas dans la tradition galloise, pas plus qu’elle n’est mentionnée dans le monumentale Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth. En revanche, on pourrait soutenir que toutes les autres batailles de la campagne d’Arthur apparaissent dans des traditions distinctes.
L’Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth
Cela ne signifie toutefois pas nécessairement que la présence de cette bataille dans l’Historia Brittonum ne puisse pas être mise en harmonie avec le récit de Geoffroy de Monmouth. Son Historia Regum Britanniae, rédigée vers 1137, contient un récit complet de la campagne d’Arthur contre les Saxons.
Le récit décrit comment Arthur se dirigeait vers York, et comment, en chemin, il livra une bataille sur la « rivière Duglas ». Puis, après avoir poursuivi les Saxons et les avoir assiégés à York, il repartit vers le sud et livra une autre bataille fluviale.
Certains pourraient vouloir associer cette seconde bataille fluviale à la Bataille de la rivière Bassas, puisque l’Historia Brittonum place Bassas après Dubglas. Cependant, Geoffroy situe précisément cette seconde bataille fluviale dans la région de Lindisia. Il s’est presque certainement du « Linnuis » mentionné dans l’Historia Brittonum comme étant la région où se trouvait la rivière Dubglas.
Puisque l’Historia Brittonum nous dit directement que plusieurs batailles furent livrées sur la rivière Dubglas, il est très probable que cette bataille fluviale postérieure au siège d’York dans l’HRB de Geoffroy soit simplement l’une de ces batailles de plus, et non la Bataille de la rivière Bassas.
La localisation possible de la Bataille de la rivière Bassas
Après avoir vaincu les Saxons sur cette rivière en Lindisia, Geoffroy décrit comment Arthur poursuivit les Saxons jusqu’à la forêt calédonienne. Le récit se lit ainsi :
« Le reste, dans une grande consternation, abandonna le siège et s’enfuit, mais fut étroitement poursuivi par Arthur, jusqu’à ce qu’ils parviennent au bois de Celidon, où ils s’efforcèrent de se reformer en corps et de tenir bon. Et là, ils livrèrent à nouveau bataille aux Bretons. »
Cela implique fortement que les Bretons et les Saxons ne se livrèrent pas à une véritable bataille entre la rivière en Lindisia et le « bois de Celidon », ou forêt calédonienne. La Bataille du bois de Celidon est la bataille suivante dans la liste de l’Historia Brittonum, après Bassas. Si nous considérons le récit de Geoffroy comme parfaitement exact, alors la Bataille de la rivière Bassas ne peut pas réellement avoir été livrée entre les batailles de Dubglas et du bois de Celidon.
D’un autre côté, il se peut que la description de Geoffroy soit simplement légèrement inexacte. Peut-être y eut-il une autre bataille entre les deux forces durant la poursuite qui aboutit finalement dans la forêt calédonienne. Cela n’entrerait pas en conflit majeur avec le texte de Geoffroy.
Si pas alors, quand ?
Ce qui précède n’est, bien sûr, que spéculation. Il existe une autre possibilité qui expliquerait l’absence de Bassas du récit de Geoffroy. Cette possibilité remet en question deux hypothèses courantes :
La première hypothèse est que le passage de l’Historia Brittonum relatant les douze batailles d’Arthur les relate en réalité dans un ordre strictement chronologique. Cela entre en conflit avec la théorie populaire selon laquelle ce passage provenait à l’origine d’un poème de bataille, comme celui que nous voyons pour plusieurs autres souverains gallois des sixième et septième siècles. Cette théorie est soutenue par de nombreux éminents universitaires, dont John T Koch.
Si les champs de bataille étaient placés à tel endroit dans le poème pour des raisons de rime, alors Bassas pourrait avoir eu lieu à une occasion complètement distincte – voire lors d’une campagne complètement distincte.
La seconde hypothèse est que les douze batailles furent toutes livrées contre les Anglo-Saxons. Bien que cela semble être la possibilité la plus probable, ce n’est pas la seule interprétation possible. L’Historia Brittonum commence certes le passage en disant : « C’est alors que le magnanime Arthur combattit… contre les Saxons. » Cependant, cet énoncé de fait ne signifie pas nécessairement que toutes les batailles mentionnées par la suite furent contre les Saxons.
D’autres traditions attestent qu’Arthur s’engagea occasionnellement dans des batailles contre des rois bretons autochtones. Il existe même un soutien actif à l’idée que toutes ces batailles ne furent pas réellement livrées contre les Saxons, comme en témoigne la tradition concernant la Bataille de Tribruit.
Si nous acceptons cela dans le cas de Bassas, alors il se peut qu’elle n’apparaisse pas dans le récit de Geoffroy de la campagne d’Arthur simplement parce qu’elle n’eut pas lieu durant cette partie de sa carrière.
Où se trouvait la rivière Bassas ?
Cependant, la question la plus notoirement insaisissable concernant Bassas est celle de son emplacement. Les sites proposés ont couvert presque toutes les régions de Bretagne. À la différence de la plupart des autres batailles, il n’existe même aucun accord sur le fait qu’elle se soit déroulée quelque part dans le nord du pays ou dans le sud.
Le nom de lieu « Bassas »
Le nom même de « Bassas » lui-même a présenté pour les universitaires de sérieuses difficultés. Personne ne s’accorde sur sa signification. L’historien Andrew Breeze a déclaré que « Bassas n’a aucun sens en celtique ». Le respecté celtisant Kenneth Jackson a conclu que Bassas était inidentifiable, en grande partie à cause de la difficulté du nom. En raison de ce nom très difficile, certains chercheurs (dont Breeze) ont conclu qu’il est corrompu.
Fait intéressant, un manuscrit de l’Historia Brittonum apporte un certain soutien à ce point de vue. Bien qu’il ne s’agisse pas de la version la plus ancienne de ce document, le manuscrit en question enregistre ce nom de lieu comme « Lusas » plutôt que « Bassas ». Néanmoins, il semble que la plupart des universitaires conviennent que « Bassas » est plus proche du nom correct, bien qu’il soit inidentifiable aujourd’hui.
Il y a eu quelques tentatives pour deviser une étymologie celtique sensée pour « Bassas ». De nombreux universitaires suggèrent qu’il est lié au mot gallois « bas », qui signifie « peu profond ». Cependant, cela n’expliquerait pas la seconde partie du mot « Bassas ». En outre, il n’apparemment n’existe aucune rivière en Bretagne aujourd’hui qui conserve ce mot dans son nom, ce qui rende manifestement improbable qu’il ait été utilisé comme nom de rivière.
Une explication similaire est le mot latin pour « bas », qui est « bassus ». Cela, du moins, irait davantage dans le sens d’expliquer la seconde moitié du nom. Cependant, il n’est pas courant que des noms de lieux en Bretagne soient nommés d’après des mots latins, ce qui rend cela improbable.
Une autre explication est qu’il provienne du nom personnel anglo-saxon « Bassa ». Il existe un certain nombre de lieux en Bretange avec cet élément dans leur nom. Cependant, certains universitaires estiment improbable que le champ de bataille ait été rememberé par les Bretons sous un nom anglais. D’autres, au contraire, estiment que cela est tout à fait possible si la bataille eut lieu au sein de ce qui était déjà un territoire saxon.
Bass Rock, Firth of Forth
L’un des emplacements les plus souvent proposés (probablement simplement parce qu’il est plutôt célèbre en soi aujourd’hui) est Bass Rock, dans le sud-est de l’Écosse. Il se situe dans la région du Firth of Forth. C’est une masse rocheuse colossale, atteignant 350 pieds de hauteur, à environ 1 mile du rivage.
L’attrait évident de cet emplacement est le nom « Bass ». Au-delà de cela, cette théorie a très peu d’arguments en sa faveur.
Objections à cet emplacement
Une objection facile à cet emplacement est le fait qu’il ne s’agit pas d’une rivière. Or, l’Historia Brittonum mentionne clairement la « rivière Bassas ». On pourrait soutenir que l’une des rivières proches sur le continent ait pu être nommée d’après cette masse rocheuse, bien que cela semble forcé.
En outre, certains universitaires ont soutenu que le « Bass » dans ce nom de lieu est beaucoup plus récent que la période arthurienne. L’expert en toponymie écossaise Peter Drummond soutient qu’il provient probablement du mot « bass » au sens d’un type de panier pour transporter du poisson, et qu’il fut probablement nommé ainsi par les pêcheurs locaux en raison de son apparence.
Dunipace, Falkirk
Un autre emplacement en Écosse qui a été proposé est Dunipace, dans le Falkirk. C’est un village sur la rive nord de la rivière Carron. Deux monticules juste à côté de la rivière sont appelés les « Hills of Dunipace ». Selon ceux qui placeraient Arthur dans cette région, le nom de lieu « Dunipace » signifie « Hill of Bass », et serait donc sans doute le Bassas originel.
Fait intéressant, sur la rive sud de la rivière Carron, il existe une ruine antique qui fut enregistrée au treizième siècle comme étant « Furnus Arthur », ou « Fourneau d’Arthur ». Cela a été utilisé pour soutenir l’idée qu’Arthur était actif dans cette région.
Objections à cet emplacement
L’objection principale à cette théorie est le fait que faire dériver la dernière moitié de « Dunipace » du mot « Bass » est plutôt arbitraire, et la faire dériver de « Bassas » l’est encore davantage. De nombreux universitaires la font dériver du mot latin pour paix, qui est « pax », concluant qu’elle signifie « Hill of Peace ».
D’un autre côté, il y a des universitaires qui soutiennent qu’elle provient du mot gaélique « bais », signifiant « mort ». Ce mot gaélique aurait-il pu évoluer en « Bassas » pour le rédacteur de l’Historia Brittonum ? C’est une conjecture intéressante, bien qu’indémontrable. La plus ancienne orthographe de Dunipace semble être « Dunipais ». Que cela puisse provenir de « Bassas » (ou qu’ils partagent une origine) ou non, il n’existe aucune raison active de penser que ce fut le cas.
Il n’existe pas non plus de preuve que l’une ou l’autre des deux rivières de la région, la Carron et la Bonny, aient jamais été connues sous le nom de Bassas.
Cambuslang, Glasgow
Une suggestion étonnamment populaire est Cambuslang, à Glasgow. C’est une ville située dans les limites du Grand Glasgow. Elle se trouve juste au sud de la rivière Clyde. Selon cette théorie, la partie « bus » du nom « Cambuslang » proviendrait de « Bassas ».
En faveur de cette théorie, il y a le fait que l’église de cette ville serait censée avoir été fondée par Cadoc, un compagnon du roi Arthur. En outre, dans le récit de cette fondation (contenu dans la Vie de saint Cadoc du onzième siècle), il est dit qu’un puissant roi nommé Caw fut tué par un autre roi breton lors d’une bataille à cet endroit.
Caw est mentionné dans un certain nombre de documents arthuriens. Son fils Hueil y est enregistré comme ayant combattu contre Arthur et comme ayant été tué par lui. Peut-être Arthur était-il également le roi qui combattit et tua Caw à Cambuslang. Le document relatant la mort de Caw dit que « par une impulsion diabolique, [Caw], avec des troupes de [ses] pilleurs, arriva sur ces côtes pour piller ». Nous pourrions donc même supposer que Caw collaborait avec les Saxons contre ses compatriotes bretons.
Objections à cette théorie
L’objection principale à cette théorie est qu’il n’existe aucune raison de croire que le nom de lieu « Cambuslang » ait le moindre rapport avec « Bassas ». Il semble que l’écrasante majorité des universitaires convienne que l’élément « Cambus » est un mot entier en soi, désignant un méandre de rivière. La ville de Cambuslang se trouve, en effet, sur un méandre notable de la rivière Clyde.
Il n’existe donc aucune preuve que la partie « bus » fût un élément séparé qui pourrait potentiellement être connecté à « Bassas ».
En outre, il n’existe aucune preuve que la rivière Clyde ait jamais été connue sous le nom de rivière Bassas. Les Bretons connaissaient cette rivière sous le nom de « Clut » ou « Clud ».
Baschurch, Shropshire
Une théorie bien plus convaincante est que Bassas était lié d’une manière ou d’une autre à Baschurch. C’est un grand village du Shropshire, près de la frontière orientale du pays de Galles. Les documents gallois désignent cette région sous le nom d’« Eglwyssau Bassa », qui signifie « les églises de Bassa ». Elles sont ainsi désignées dans un poème daté du neuvième siècle mais portant sur la mort d’un roi gallois du septième siècle, Cynddylan.
C’est l’un des rares endroits dont nous pouvons dire avec certitude qu’il était connu sous le nom de « Bassa » (presque identique à « Bassas ») dans les documents gallois médiévaux. Cela en fait un site très attrayant pour Bassas. Il y a une rivière importante à proximité, la rivière Perry.
Il est vrai que celle-ci ne porte pas le nom de « Bassas », mais il ne semble exister aucun document montrant que le nom de cette rivière remonte à une époque proche de la période arthurienne. Par conséquent, elle aurait très bien pu porter auparavant un nom différent.
Bien que Baschurch ne soit pas situé juste à côté de zones connues d’activité anglo-saxonne, il est suffisamment proche pour avoir été facilement accessible pour eux au milieu du sixième siècle. D’autre part, si la suggestion que les douze batailles d’Arthur ne furent pas toutes contre les Saxons est correcte, cela aurait pu être le site d’une bataille entre Arthur et un autre roi breton, tel Cynan Garwyn. Il était le roi de cette zone et de la région environnante au sixième siècle, et il est enregistré comme ayant fait la guerre au sud du pays de Galles, qui est souvent donné comme centre d’activité d’Arthur dans la tradition galloise.
Objections à cet emplacement
Il n’y a pas d’objections majeures à cette théorie. Bien que le nom « Bassa » ne corresponde pas parfaitement à « Bassas », le « s » final aurait très bien pu être ajouté au nom pour des raisons de rime dans le poème de bataille duquel le récit de l’Historia Brittonum fut probablement tiré.
Bassingbourn, Cambridgeshire
Un autre emplacement probable est Bassingbourn, dans le Cambridgeshire. En fait, en termes d’étymologie, il s’agit peut-être bien de la meilleure correspondance pour la rivière Bassas dans toute la Bretagne. L’élément « Bassing » provient de « Bassa » et « ingas ». La première partie est un nom personnel saxon, tandis que la seconde désigne une tribu ou un clan. L’élément « bourn » désigne un ruisseau. Par conséquent, Bassingbourn signifie littéralement « le ruisseau du peuple de Bassa ».
C’est une correspondance presque parfaite avec la « rivière Bassas » de l’Historia Brittonum. La rivière Cam coule juste à côté de cette ville et est vraisemblablement le « ruisseau » visé dans le nom de la ville.
Bassingbourn se trouve plus au sud que l’emplacement probable de la rivière Glein ou de la rivière Dubglas, mais il est dans la même région générale du pays. Il pourrait très bien être le cas qu’Arthur poursuivit les Anglo-Saxons plus au sud dans leur territoire d’origine après ses victoires aux batailles de la rivière Dubglas.
S’il est vrai que Geoffroy de Monmouth ne mentionne pas spécifiquement cette bataille, cela pourrait simplement être dû à la nature abrégée de son récit.
Objections à cet emplacement
Il y a deux objections principales à cette théorie.
Premièrement, elle se trouve au cœur du territoire anglo-saxon. Cependant, comme nous venons de le noter, elle n’est pas très éloignée de deux autres emplacements incontestés des batailles d’Arthur. Par conséquent, il ne serait pas forcé de proposer qu’il les poursuivit plus avant dans leur territoire. Il n’est pas nécessaire de supposer que cette bataille eut lieu près de la frontière entre les territoires brittonique et saxon.
Deuxièmement, cet emplacement dépend d’un nom personnel anglo-saxon. Cependant, puisque ce Bassingbourn était bien au sein du territoire anglo-saxon, il n’y a aucune raison pour qu’il n’ait pas pu être connu sous le nom de rivière Bassas même du temps d’Arthur.

Conclusion
En résumé, la Bataille de la rivière Bassas est la plus énigmatique de toutes les batailles d’Arthur. Elle fut la sixième des fameuses douze batailles d’Arthur, et la rivière Bassas était le troisième champ de bataille. Elle n’est pas mentionnée dans le récit de Geoffroy de Monmouth, bien que cela puisse simplement être dû au fait que son compte rendu est abrégé et omet certaines batailles. D’autre part, il se peut qu’elle n’ait pas fait partie de la campagne anglo-saxonne d’Arthur. L’origine du nom de lieu « Bassas » s’est révélée notoirement difficile à cerner, et encore plus à placer sur une carte. Les deux emplacements les plus probables sont Baschurch dans le Shropshire et Bassingbourn dans le Cambridgeshire. Ce dernier emplacement semble mieux correspondre aux deux premiers champs de bataille de la liste des douze.
QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
Qui a gagné la Bataille de la rivière Bassas ?
Selon l’Historia Brittonum, cette bataille fut une victoire pour Arthur et les Bretons. Ils vainquirent les Anglo-Saxons.
Où se trouvait la rivière Bassas ?
L’emplacement de la rivière Bassas est inconnu. Cependant, il pourrait s’agir de la rivière Perry, juste à côté de Baschurch dans le Shropshire. L’emplacement le plus probable, toutefois, est peut-être la partie de la rivière Cam qui coule juste à côté de Bassingbourn (le « ruisseau du peuple de Bassa ») dans le Cambridgeshire.
Que signifie « Bassas » ?
Il pourrait provenir de la forme possessive du nom personnel anglo-saxon « Bassa ». Ou bien, il pourrait provenir d’une racine celtique, comme un mot lié au gallois « bas » (signifiant « peu profond ») ou à l’irlandais « bais » (signifiant « mort »).
Sources
Reno, Frank, Historic Figures of the Arthurian Era: Authenticating the Enemies and Allies of Britain’s Post-Roman King, juillet 2015
Ashley, Mike, A Brief History of King Arthur, 2013
Breeze, Andrew, British Battles 493–937: Mount Badon to Brunanburh, 2020
http://www.legendofkingarthur.co.uk/battles/6-bassas.htm https://www.earlybritishkingdoms.com/arthur/kabattles.html






